Les gilets jaunes : où en sommes-nous ?

gigi

gilet

L’écologie semble plus que jamais diviser la société. Mais est-ce véritablement son rôle ? Au contraire, l’écologie doit rassembler la société, doit être le moteur de notre marche vers un monde plus juste et plus durable. On assiste ici à un ras-le-bol général, on peut lire que les français sont les « champions du monde des taxes » ou encore « Français réveillez-vous ». Il est vrai Français réveillez-vous : il vous reste très peu de temps pour agir face à la menace écologique qui pèse de plus en plus lourd. Le mécontentement des gilets jaunes est plus que justifié mais ce n’est pas pour autant qu’il faut annuler la taxe carbone. Il faut en effet mettre les choses au clair : savoir où nous en sommes.

La taxe carbone existe depuis les années 2000, dès le gouvernement de Lionel Jospin il existait une taxe : la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) qui visait elle aussi à lutter contre les gaz à effet de serre. Longuement discutée entre 2007 et 2009 cette taxe carbone a été finalement laissée à l’abandon en 2010 lorsque le premier ministre de l’époque, François Fillon, a annoncé qu’une taxe de ce genre devait être européenne « pour ne pas plomber la compétitivité des entreprises françaises ». Quelques années plus tard, cette même taxe revient sur l’échiquier politique : mais l’a-t-on véritablement anticipé correctement ?

En effet, comment expliquer qu’une taxe aussi ancienne n’ait pas été correctement anticipée par l’Etat et semble arriver comme un cheveu sur la soupe ?

›› Elle n’a pas été correctement anticipée et c’est ce manque de mise en place de solutions alternatives qui a causé le mouvement des gilets jaunes. En effet, 17 millions de personnes en France dépendent de leur voiture et sur ces 17 millions 1 personne sur 3 ne peut se rendre au travail sans. Comment des familles à revenu moyen peuvent faire face à une augmentation de 30 euros de budget consacré à l’essence ? Doivent-elles renoncer à certain de leurs plaisirs ? Ou bien diminuer leur budget alimentaire ? Tandis que d’autres qui ont les moyens peuvent s’affranchir de cette taxe : s’acheter une voiture électrique et en plus de cela recevoir une prime, cela semble complètement fou. Il faut rendre cela plus équitable et peut être que la colère redescendra.

Car en effet, cela semble encore plus désolant quand on voit que dès 2009 Michel Rocard un ancien premier ministre Français proposait la création d’une « contribution climat-énergie » d’un montant de 32 € par tonne de CO2 et qui augmenterait de 5% par an pour atteindre 100 € en 2030. Dès lors, dès le début des années 2010 il semblait clair qu’une partie de la taxe carbone devait être en partie redistribuée aux ménages Français sous forme de crédit d’impôt (des chèques verts allant de 46 € à 61 € en fonction des transports en commun de proximité). Mais aujourd’hui alors que la taxe va être réellement adoptée, a-t-on prévu ces chèques verts ?

En effet, on se retrouve là encore dans une impasse comme on l’était avec le glyphosate : l’Etat nous impose des mesures sans nous offrir de solutions, d’outils, d’alternatives. Ces familles qui dépendent de leur voiture ont besoin qu’on les accompagne dans la transition. Ce sont ces familles qui ont besoin de primes, de chèques verts afin d’obtenir des véhicules électriques. Si on ne prend pas de mesures pour les accompagner, nous les perdons, or nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une partie de l’opinion publique dans cette crise majeure que nous rencontrons : le dérèglement climatique et toutes ses conséquences qui s’ensuivent.

›› Cette taxe illustre parfaitement l’urgence d’agir : il faut passer à l’action. On doit sortir des énergies fossiles, on doit penser un nouveau modèle économique, social et politique. Cette taxe est donc une des solutions pour faire avancer les choses : à condition qu’elle soit accompagnée socialement comme nous l’avons dit plus haut. C’est aussi ce que nous dit Nicolas Hulot dans l’Emission Politique de France 2 du 22 novembre dernier que je vous invite à regarder › Emission politique ‹ Mais ce qui est dommage, c’est que finalement la société semble plus divisée que jamais dans un moment où la solidarité devrait être le mot d’ordre. Il faut alors redonner à l’écologie sa véritable image, sa véritable ambition, elle ne concerne pas qu’une poignée de « bobos », qu’une poignée de gens qui ont les moyens : mais elle nous concerne tous. Sauf que, pour qu’elle nous concerne tous réellement, il faut donner aux gens les moyens, les outils, les solutions et pas leur couper leur fin de mois déjà difficiles.

C’est pour redonner à l’écologie sa véritable image, son véritable sens que je vous invite samedi 8 décembre où que vous soyez en France mais aussi à l’étranger à participer à La Marche pour le climat (en vu de la COP24).

Nous devons nous serrer les coudes. Et n’oublions pas que nous ne devons pas toujours nous reposer sur l’Etat, c’est aussi à l’opinion publique, aux citoyens d’agir par ses propres moyens pour faire avancer les choses.

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